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Dépénalisation du droit des affaires : remise du rapport COULON au Garde des Sceaux

26 février 2008 · FNUJA


Le 20 février 2008, le groupe de travail présidé par Monsieur Jean-Marie COULON, ancien Premier Président de la Cour d’appel de PARIS, a remis son rapport sur la dépénalisation de la vie des affaires à Madame Rachida DATI.

Ce rapport, qui fera l’objet d’un véritable débat lors du comité de la FNUJA qui se tiendra le 8 mars 2008, aborde de façon assez inattendue, mais pertinente, certaines questions allant bien au delà de la seule pratique du droit pénal. C’est ainsi que sont engagées notamment des réfelxions sur l’application de l’aticle 700 du Code de procédure civile ou encore la création d’une véritable action de groupe.

Voici les trente principales recommandations qui sont proposées par le groupe :

Suppression et modification d’infractions pénales :

1) supprimer les infractions tombées en désuétude, obsolètes, ou pour lesquelles un

dispositif civil efficace est déjà prévu

2) limiter les concours de qualifications pénales en supprimant les infractions redondantes

3) harmoniser les peines principales et complémentaires pour les infractions de même

nature

4) augmenter le quantum de certaines peines d’amende lorsque la gravité de l’infraction le

justifie

Substitution au droit pénal de dispositifs civils ou utilisation de modes alternatifs de

poursuite :

5) mettre en place des mécanismes civils efficaces de substitution à certaines

incriminations : injonctions de faire, nullités relatives, sanctions contractuelles

6) supprimer les infractions prévues au titre IV du livre IV du code de commerce en leur

substituant

des sanctions administratives prononcées par le Conseil de la concurrence

7) développer le recours aux alternatives aux poursuites, dont la transaction

Mise en oeuvre de la norme :

8) conférer au ministère de la justice le monopole de l’élaboration des textes pénaux pour

améliorer la qualité et la cohérence du dispositif normatif

9) développer la cohérence et l’harmonisation des politiques pénales menées par les

parquets en matière économique et financière, notamment par voie de circulaires

10) améliorer la formation juridique des entrepreneurs et favoriser l’élaboration de codes de

déontologie

11) favoriser la spécialisation des juridictions et les moyens matériels et humains alloués

pour leur fonctionnement (assistants spécialisés notamment)

12) améliorer la formation et la professionnalisation des magistrats en matière économique

et financière

Articulation entre l’Autorité des marchés financiers et le droit pénal boursier :

13) supprimer le cumul sanction pénale / sanction administrative en réformant l’articulation

des procédures de l’Autorité des marchés financiers et des procédures pénales

14) développer les synergies entre enquêtes administratives de l’AMF et enquêtes pénales

15) mettre en place un échevinage des juridictions judiciaires appelées à connaître des

contentieux boursiers

16) prévoir une procédure de réhabilitation pour les personnes sanctionnées par l’AMF

17) augmenter la peine encourue pour le délit d’initié de 2 à 3 ans d’emprisonnement

Articulation entre le Conseil de la Concurrence et le droit pénal de la concurrence :

18) supprimer le cumul entre sanctions pénales et sanctions du conseil de la concurrence en

mettant fin à la responsabilité des personnes morales pour l’infraction prévue à l’article L.

420-6 du code de commerce

19) prévoir l’homologation de la procédure de clémence devant le Conseil de la concurrence

par le parquet

20) prévoir la compétence exclusive des juridictions inter régionales spécialisées pour les

infractions à l’article L. 420-6 du code de commerce

Les plaintes avec constitution de partie civile :

21) augmenter le délai entre la plainte préalable et le dépôt d’une plainte avec constitution de

partie civile (passage de 3 à 6 mois)

22) instaurer une motivation détaillée des décisions de classement sans suite en matière

économique et financière

23) instaurer une obligation de production des pièces comptables pour les personnes

morales, afin de fixer la consignation

24) convertir, sauf ordonnance motivée du juge d’instruction, le montant de la consignation

en amende civile, lorsque la constitution de partie civile aboutit à une décision de non-lieu

La prescription :

25) modifier les règles de la prescription de l’action publique en posant comme point de

départ intangible la date des faits et en allongeant les délais de prescription

Attractivité de la voie civile :

26) créer une action de groupe avec un système d’opt-in

27) améliorer l’attractivité économique de la voie civile en favorisant le remboursement des

frais avancés par les parties

Amélioration des règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales :

28) clarifier les règles relatives aux peines encourues par les personnes morales

29) prendre en compte la spécificité des personnes morales s’agissant de la récidive

30) réduire les délais de réhabilitation judiciaire pour les personnes morales

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